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#3 : Et si l'émerveillement était votre meilleur outil de leadership ?

  • 7 juin
  • 4 min de lecture

Ce matin, avant d'ouvrir mon ordinateur, je me suis arrêtée dans mon jardin.
Une tomate venait de rougir. Pas une grande chose. Juste une tomate, gonflée de soleil, qui avait fait son chemin tranquillement pendant que le reste du monde s'agitait.
Je l'ai regardée un moment. Vraiment regardée.
Et j'ai pensé : combien de fois, dans une journée, est-ce que je prends le temps de vraiment regarder quelque chose ?

Le monde professionnel a oublié quelque chose

Nous vivons dans un monde hyper-connecté, speed, saturé d'informations et d'injonctions. Les notifications n'attendent pas. Les agendas débordent. Les réunions s'enchaînent avant même qu'on ait eu le temps de poser son café.
Et dans cette accélération permanente, quelque chose se perd doucement.
La capacité à s'étonner.
À voir ce qui est là — vraiment là — avant de passer à la suite.

L'émerveillement.

Ce que l'océan et mon jardin m'ont appris

Je suis une femme contemplative. Ce n'est pas une posture. C'est une nécessité.

J'ai besoin de l'océan. De ses humeurs, de son bruit sourd qui recouvre tout le reste, de cette façon qu'il a de vous rappeler que vous êtes petite — et que c'est une bonne nouvelle.

J'ai besoin de mon jardin. Chaque matin, avant que la journée ne commence vraiment, je fais le tour. Pas pour vérifier. Pour observer.
Ce qui a poussé depuis hier. Ce qui s'est ouvert pendant la nuit. Ce qui prend son temps sans s'en excuser.
Je passe la main sur mes lavandes. C'est un geste devenu rituel — leurs effluves le matin ont quelque chose d'immédiat, de direct, qui court-circuite tout le reste. Pas besoin de chercher la présence. Elle arrive toute seule, par les sens.
Ces fleurs qui poussent à leur rythme, indifférentes aux deadlines. Cette nature vivante, obstinée, qui fait son œuvre en silence pendant que nous nous épuisons à vouloir tout contrôler.

Ces moments ne sont pas du luxe. Ce sont des ressources.
Pas des pauses pour "recharger les batteries" — formule que je trouve un peu triste, qui réduit l'être humain à une machine en manque d'énergie. Mais de vrais moments d'ancrage, où quelque chose en moi se repose, s'ouvre, se remet à voir.

L'émerveillement, ce n'est pas grand-chose. C'est juste la main sur les lavandes, et l'attention qui revient.

L'émerveillement n'est pas naïf. Il est intelligent.

On a tort de le confondre avec la candeur ou la déconnexion du réel.
S'émerveiller, c'est une forme d'attention.
Une qualité de présence. Une capacité à percevoir ce qui est là, dans toute sa richesse, sans le filtrer immédiatement par la question "et alors, qu'est-ce que ça produit ?"

Les chercheurs en psychologie positive — Dacher Keltner en tête — ont montré que l'émerveillement réduit le stress, élargit la pensée, développe la créativité et renforce le sentiment d'appartenance à quelque chose de plus grand que soi.

Autrement dit : c'est exactement ce dont les équipes sous pression ont besoin.

Retrouver l'émerveillement au travail — concrètement

Ce n'est pas une question de temps. C'est une question d'attention.

Quelques pratiques simples, que j'expérimente moi-même :
Commencer la journée sans écran. 
Cinq minutes dehors, ou simplement à la fenêtre. Observer la lumière, le ciel, le silence ou le bruit. Laisser le monde exister avant de le gérer.
Remarquer ce qui fonctionne
Dans une équipe, nous sommes conditionnés à voir les problèmes. L'émerveillement, c'est aussi s'arrêter sur ce qui est beau — une idée inattendue, une collaboration qui se noue naturellement, un progrès discret qu'on n'aurait pas vu si on n'avait pas regardé.
Cultiver la curiosité plutôt que la certitude
Le dirigeant qui s'émerveille pose des questions sincères. Il entre dans une réunion avec l'envie d'apprendre quelque chose, pas seulement de valider ce qu'il sait déjà.
Ralentir avant de décider. 
Pas longtemps. Juste le temps d'une respiration. Juste le temps de laisser la situation exister, avant de la résoudre.
Se laisser surprendre par les gens. 
Chaque collaborateur contient des ressources, des histoires, des façons de voir le monde que vous ne soupçonnez pas. L'émerveillement commence souvent par l'autre.

Ce que mon jardin me rappelle chaque jour

Il n'a pas demandé la permission de pousser. Il n'a pas attendu les conditions idéales. Il a fait ce qu'il avait à faire, à son rythme, avec ce qu'il avait.
Il y a quelque chose de profondément reposant dans cette idée.
Et quelque chose d'utile, aussi, pour nous qui passons nos journées à vouloir accélérer, optimiser, performer.
Parfois, la meilleure chose que vous puissiez faire pour votre leadership — et pour votre équipe — c'est de vous arrêter. De regarder. De vous laisser traverser par ce qui est là.
L'émerveillement ne ralentit pas. Il recentre.
Et un leader recentré vaut infiniment mieux qu'un leader épuisé qui court.

Et vous ?

Quand avez-vous été émerveillé pour la dernière fois — au travail ou ailleurs ?
Qu'est-ce qui, dans votre quotidien, mérite d'être vraiment regardé ?
 
 
Ce besoin vous parle ? Vous souhaitez travailler votre recentrage et votre capacité d’émerveillement ?

Je suis Executive Coach, formatrice et superviseur de coach. "Le problème est rarement visible. C'est là que j'interviens." J'accompagne depuis plus de 15 ans des dirigeants, managers et équipes en transformation. J'interviens à Paris, La Rochelle et dans toute la France.


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